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Saison 1
Épisode 27
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Saison 1 — Épisode 27
Le retour
Transcription disponible
un ancien employé rend visite à Jean-Claude et Hervé.
Personnages
Lionel Abelanski
Ép. 26 —
Entretien d’embauche
Vases communicants —
Ép. 28
Transcription
Auto-scroll
00:00
Qu'est-ce que tu crois, c'est le con ?
00:02
Hein ?
00:02
Bah, je suis délégué syndical ici, moi.
00:04
Mais c'est emmerdé.
00:06
Alors...
00:08
Que je le croise pas, allez.
00:10
Je m'occupe de mon service comme je l'entends.
00:12
Hervé ?
00:13
Quoi ?
00:13
Tu parles tout seul ?
00:14
Quoi ? Pas non.
00:16
De quoi tu me parles ?
00:17
Mais tu parles tout seul, là.
00:18
On dirait un petit vieux sur son banc, là.
00:20
Et puis c'est anglais ou quoi ? Je parle pas tout seul !
00:22
Je réfléchis à haute voix, je...
00:23
Je te dis que tu parles tout seul, là !
00:25
À l'instant !
00:26
Mais arrête ! Mais laisse-moi, j'ai le droit de...
00:28
Fous-moi la paix, casse-toi !
00:30
Alors, je prends mon café, là, tranquille.
00:32
J'aime bien être seul, justement.
00:34
Il parle tout seul.
00:36
Je le dis, moi.
00:40
Il parle tout seul.
00:41
Il est taré ou quoi ?
00:43
Il entend des voix, c'est Jeanne d'Arc ou quoi ?
00:45
Il parle pas tout seul, je réfléchis.
00:47
Je sais ce que je fais, quand même, attends.
00:49
Je suis pas complètement débile.
00:51
Je suis délégué syndical, moi, ici.
00:53
Faut pas qu'il m'emmerde.
00:59
Il a pas changé, hein.
01:01
Toujours son petit air bouddha, hein, Hervé.
01:03
Bah ouais, le même.
01:05
Tu sais que dans la boîte, on t'appelait le taciturne ?
01:07
Tu savais ça ?
01:08
Ouais, ouais, ouais, je sais.
01:10
J'ai jamais été vraiment apprécié, quand j'étais dans la boîte.
01:12
Ah mais non, mais ça n'a rien à voir, non, pas du tout.
01:14
Non, puis en plus, dans la boîte, tout le monde a son surnom, hein.
01:16
Mais bien sûr.
01:17
Hervé aussi, il avait un surnom.
01:19
Ah bon ?
01:20
Je sais pas.
01:21
Ah bah ouais.
01:22
Et tu l'as toujours, d'ailleurs.
01:24
Je sais pas, je sais pas.
01:26
Ah bah ouais.
01:27
Et tu l'as toujours, d'ailleurs.
01:29
On t'appelait le pélican.
01:33
Et toi, on t'appelait gros beauf.
01:35
Mais on l'appelle toujours comme ça, d'ailleurs.
01:41
En tout cas, c'est sympa d'être passé d'où voir, hein.
01:44
Parce que tout à l'heure, quand on l'a vu arriver,
01:46
ça nous a fait un choc, hein, Hervé.
01:48
Bah ouais, ça nous a reproché pour le bon temps, quoi.
01:51
Comme si c'était hier.
01:52
Tu te souviens, après le boulot,
01:54
et qu'on refaisait le monde.
01:57
Ça allait loin, quoi.
01:59
Tu m'avais jamais invité.
02:02
Et les midis, à la cantine, hein.
02:04
Et quand c'était l'amergurio qui était au fourneau.
02:06
Et la bouffe, mon pote, là, c'était autre chose.
02:08
Et la table du front, la table des marrants, comme on disait.
02:11
Tu es droit, là.
02:14
Je mangeais tout seul, moi.
02:16
Exactement.
02:17
Avec ton Walkman.
02:19
T'es assis, tu rentres, quoi. Fidèle, fidèle.
02:25
Bah, Jean-Claude, on est cons, ou quoi ?
02:27
Bah quoi ?
02:28
Bah, on t'a même pas demandé pourquoi t'étais là.
02:31
Ah bah oui, attends, c'est vrai, ça.
02:33
Et ça fait bien... ça fait bien...
02:36
Deux ans que t'as quitté la boîte, hein.
02:38
Cinq ans.
02:39
Cinq ans.
02:40
Cinq ans, déjà ?
02:41
C'est il y a cinq ans, ton licenciement ?
02:43
Bah oui.
02:45
Ouais, ça... ça file, hein.
02:48
Tu sais qu'on parle souvent de toi, ici.
02:49
Hein, Jean-Claude ?
02:50
Ah ouais.
02:51
C'est vrai que t'es vache, avec toi, hein.
02:52
Si j'avais été délégué syndical, à l'époque, je me serais battu.
02:55
J'aurais bien fait chier à la direction. Tu me connais, Jean-Claude, hein.
02:58
Ouais.
02:59
Abusif.
03:01
Qu'est-ce t'avais comme poste, toi, déjà, ici ?
03:03
Directeur des achats.
03:05
Ah bah, c'est marrant, c'est comme toi.
03:07
Ça te fait, d'ailleurs, combien de temps que tu l'as, toi, ce boulot ?
03:09
Et tu bosses où, maintenant, toi ?
03:11
Nulle part.
03:12
Ah, tu t'es mis à ton compte ? C'est bien.
03:13
Ah ouais.
03:14
Non, non, non, non, non.
03:15
J'ai été au chômage pendant dix-huit mois.
03:17
Oui.
03:18
Puis, après, j'ai eu le RMI, un an.
03:20
Oui.
03:21
Puis, l'allocation de solidarité.
03:23
Ouais.
03:24
Puis, après, plus rien.
03:25
Mais, aujourd'hui, là, tu...
03:26
Rien.
03:27
Rien.
03:28
T'as des projets ?
03:29
La tombe.
03:30
Ne déconne pas, le taciturne !
03:32
Oh !
03:34
Mais tu vas te refaire, attends ! Mais ouais !
03:37
Moi, j'ai connu un copain, là, il est resté sur le carreau, mais...
03:41
Et puis, il a fini par retrouver, aujourd'hui.
03:43
Aujourd'hui, il a un poste de pompiste à mi-temps.
03:45
Mais oui.
03:46
Pompiste, c'est pas le genre de boulot que tu trouves du jour au lendemain.
03:48
Je m'en vais.
03:49
Mais non.
03:50
Non, reste un peu. Attends, on prend un café, on est bien, là, ça va.
03:52
Je m'en vais, là, je...
03:54
Je pars pour toujours, là.
03:55
Je sombre.
03:56
Je vais crever, ici.
03:58
Ça, ça va bien faire chier, la direction.
04:00
Mais...
04:03
Tu crois qu'il déconne, là ?
04:04
Mais non, il déconne pas, le taciturne.
04:05
Tu le connais.
04:06
Oh, comment c'est son prénom ?
04:08
Mets-lui les doigts dans la bouche.
04:09
Mais non, c'est bon, là, il a recraché toutes ses gélules,
04:11
toutes ses barbiturées qu'il y a là-partout.
04:12
Bon, allez, laisse-moi faire.
04:13
Tais-tu, t'entends pas son râle ?
04:14
Il y en a une qui est restée coincée, là.
04:16
Attends, pousse-toi.
04:17
Attends, attends.
04:18
Oh, c'est joué !
04:19
Ça y est ?
04:20
Oui, il l'a recraché, t'avais raison.
04:21
Ben oui, non, mais il y a...
04:23
Tu peux t'étouffer avec une gélule, hein.
04:24
Ah, bon.
04:26
Bon, ben, il est sauvé, maintenant.
04:28
Qu'est-ce qu'on fait ?
04:29
Qu'est-ce qu'il va faire, ce mec-là, quand il va se réveiller ?
04:30
Il va monter dans sa bagnole,
04:31
il va prendre l'autoroute à contre-sens,
04:32
et puis il va tuer une famille d'innocents de victimes ?
04:35
T'es sûr qu'il a une voiture ?
04:37
Mais c'était une image.
04:39
Alors ?
04:42
Bon, t'as raison.
04:43
Allez, allez.
04:44
On va renfourner la ratatouille de Valium.
04:46
Il y en a une qui a roulé, là.
04:47
Ouais, voilà.
04:48
C'est bon, c'est bon, c'est bon, c'est bon.
04:49
C'est bon, c'est bon, c'est bon.
04:50
C'est bon, c'est bon, c'est bon.
04:52
Bon, t'as raison.
04:53
Allez, allez.
04:54
On va renfourner la ratatouille de Valium.
04:56
Il y en a une qui a roulé, là.
04:57
Ouais, voilà.
04:58
Putain, c'est plein de barbe.
04:59
Tu vas pas souiller le nez qui l'ouvre la bouche ?
05:00
Ouais, ouais, ouais.
05:01
Voilà.
05:03
Ça va aller.
05:04
Voilà.
05:10
Eh, pourquoi tu suis comme ça ?
05:11
On dirait que t'es content d'aller te bosser, toi.
05:13
Oh, ouais, moi, je suis super content d'aller bosser.
05:15
Alors, le matin, je me motive, tu vois.
05:16
Je me dis des trucs du style
05:17
la fortune appartient à ceux qui se lèvent tôt, tu vois.
05:19
Ben, tu devrais pas te coucher la veille.
05:32
Il est bon, ce café, hein.
05:33
Une despendie de cette machine.
05:35
Vous en avez faim, M. Abdoul ?
05:36
Abdoul, monsieur.
05:37
Abdoul.
05:38
Abdoul, Abdoulatif.
05:39
C'est facile, c'est transitif.
05:40
Et c'est ça, de l'insertion, alors.
05:41
La pêche ?
05:42
La pêche ?
05:44
La pêche.
05:45
La pêche, moi, je l'ai prise en pleine gueule.
05:46
Oh, dites-moi, c'est pocheux, cette histoire.
05:48
Hein ?
05:49
Racontez-moi dans ça.
05:50
Ben, la dernière fois, j'avais oublié mon badge.
05:51
Par contre, elle, la sécu, elle m'a pas oublié, la sécu.
05:54
Ah, les badges.
05:55
On a beaucoup de mal à faire passer, cette histoire de badge.
05:57
D'ailleurs, expliquez-moi, quand je passe à la comptabilité,
06:00
pourquoi que les bonnes femmes, elles planquent leurs sacs à main ?
06:02
Moi, j'ai un petit peu l'impression que c'est la discrimination raciale, ça.
06:05
Pour ne pas dire du délit de faciès.
06:07
Je rajouterais bien plus du racisme.
06:09
Comme vous y allez, hein.
06:10
Hier soir, nous avons encore reçu un groupe d'Allemands.
06:12
J'ai pas eu de remarque dans les couloirs.
06:13
Pas de discrimination chez nous.
06:15
Pas de ça chez nous.
06:17
Ah, autre chose, M. Abdoul.
06:19
Est-ce que de ralenti, je peux vous appeler François ?
06:22
Parce que Abdoulatif, tout ça, c'est compliqué.
06:24
C'est parti pour vous, hein.
06:25
Puis je vous avouerai que ça plairait bien à tout le monde, ici.
06:28
Allez, au revoir, François.
06:38
Salut, Abdoul.
06:39
Ah non, moi, c'est François, maintenant.
06:41
François.
06:42
D'accord.
06:44
Ils sont tarés, dans cette boîte.
06:46
Si tout le monde commence à changer de prénom, on va jamais s'y retrouver.